Il a le talent pour te faire des films courts, intenses que tu reçois comme un poing en pleine tronche.

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De voir une jeune fille filmée d'une manière si intense, si magnifique...

Tout le film est exemplaire et glaçant, mais je citerais la scène des auto-tamponneuses qui est belle à en chialer, un des rares moments de douceur du film, la seule fois ou presque où on peut voir s'esquisser un sourire sur le visage de Mouchette.

Garde-chasse et braconnier forment un couple indissociable, comme on est peu habitué à en rencontrer dans nos contrées parisiennes...

Le seul Bresson que j'avais vu c'était Pickpocket quand j'avais 15 ans et je m'étais magistralement ennuyé, je n'étais pas prêt à voir ce cinéma mais je le reverrai ainsi que ses autres films parce qu'il n'a pas une très grande oeuvre.

Il arrive à capter une sorte de détresse avec sa caméra, le jeu épuré de ses acteurs, et les quelques pauvres lignes de dialogues qui viennent ponctuer les longs silences de Mouchette.

C'est d'autant plus dérangeant que les acteurs semblent tous froids, et c'est là la force du cinéma de Bresson, ne pas tomber dans le mélodrame malgré que l'histoire en elle même est plutôt chargée.

«Mouchette» est la quintessence même du cinéma (ou plutôt du « cinématographe ») de Bresson.

L'histoire, très noire, d'une petite fille perdant son innocence face à la brutalité du monde qui l'entoure est comparable à la descente aux enfers de l'âne Balthazar et de sa maîtresse.

Bresson filme admirablement cette pseudo miséricorde. La traque du gibier, c'est quelque chose dans ce film !

On ne peut pas dire que les chasseurs soient à leur avantage.

Un film beau, triste, dur et cruel, comme la vie...